Le rapport Eveno dessine l'avenir de l'ADRC version numérique

Alors qu’était voté le rapport financier et moral de l’ADRC en présence de son président, Lucas Belvaux, l’assemblée générale de l’ADRC a été l’occasion de dévoiler le rapport rédigé par Bertrand Eveno, président de la commission nationale art et essai, mandaté par Eric Garandeau, président du Centre national du cinéma et de l’image animée. Très attendu des distributeurs et des exploitants, le rapport avait pour objet d’étudier l’avenir de l’ADRC à l’ère du numérique en réaffirmant tout d’abord l’importance de l’institution dans le maintien de la diversité, et en proposant aux professionnels une piste pour élaborer un mécanisme complémentaire à celui déjà existant pour les tirages 35 mm.

Parmi ses 13 propositions, Bertrand Eveno propose notamment de renforcer encore, pendant la phase de transition, l’activité de tirage en 35 mm. Pour ce qui est des copies numériques, les cinquième et sixième propositions suggèrent que l’ADRC, via le CNC qui s’en acquittera, verse des contributions numériques à une caisse de répartition, imaginée dans la cinquième recommandation du comité de concertation sur le numérique, qui les répartira entre les exploitants. Après une prise en compte des salles démarrant et de celles s’arrêtant, ces contributions seraient alors divisées en partie de VPF (frais des copies virtuelles) réparties entre les salles nouvelles. Le principe de circulation sera conservé, l’ADRC étudiant toujours les plans de sortie avant de décider de ses interventions, à la demande des responsables de la petite et moyenne exploitation. Pour ces VPF, un budget sera dégagé au CNC, l’ADRC ne changeant pas son mode de fonctionnement initial mais élargissant ses compétences.

Le rapport Eveno demande par ailleurs que l’ADRC ait un rôle plus affirmé à destination des quelque 130 circuits itinérants. Des discussions vont maintenant s’ouvrir entre les organisations professionnelles afin de fixer le montant de la contribution et de déterminer ceux qui gèreront cette caisse. Indépendamment de ces ajustements pratiques, l’ADRC pourrait commencer à oeuvrer en numérique à partir de la rentrée.

Dire, syndicat représentant de onze distributeurs, s’est réjoui de son côté des conclusions générales du rapport Eveno : “L’ADRC a toute sa place à l’heure du numérique. L’agence est un outil indispensable au maintien de la diversité de l’offre cinématographique et au dialogue entre distributeurs et exploitants. Le rapport pointe les effets de concentration créés par le numérique en faveur des blockbusters et l’accélération de la carrière des films”, a conclu Sylvie Corréard, déléguée générale du syndicat, appelant à un travail de concertation rapide afin que les nouvelles missions de l’ADRC se mettent en place dans les meilleurs délais. ■ E.D.

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